Les trois logiques d’action

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10 min

Fabien Seraidarian
Directeur de la Valorisation et du Global Executive MBA, SKEMA Business School

Les trois dimensions du temps long

Dans ce contexte, le panorama des pratiques ESG est vaste et caractérisé par des marqueurs communs que sont l’importance d’informer et de former, de formuler une stratégie, de s’entendre sur une démarche, de développer des compétences, de bâtir une organisation et des pratiques managériales ou encore de construire des outils et des méthodes. Nombreux sont également les facteurs de contingence, qu’il s’agisse de la nature des activités ou du secteur des exigences réglementaires et de la culture organisationnelle. Trois perspectives se dégagent de l’investigation menée et, loin de s’opposer, ces différentes logiques traduisent un cheminement qui s’inscrit dans le temps long :

  • L’entreprise durable cherche à évaluer son impact pour viser une neutralité (carbone), c’est-à-dire faire évoluer ses pratiques et faire disparaitre les externalités négatives liées à ses activités. Le degré d’ambition peut s’évaluer au travers des catégories SCOPE 1, 2 et 3 qui intègre l’écosystème plus ou moins complexe de l’entreprise.
  • L’entreprise contributive s’engage dans la transformation de ses modèles économiques pour promouvoir des modes de consommations de ses produits et services permettant de réduire ou préserver les ressources et d’innover sur la chaine de valeur étendue.
  • L’entreprise régénérative rassemble les entreprises qui réinterrogent leur raison d’être et leur mission pour bâtir un nouveau rapport au monde et collaborer avec leurs parties prenantes évaluant leur performance via une contribution holistique positive.

Ambition

Neutralité carbone et compensation

Création de valeur et impact positif

Raison d’être « au service du vivant »

Comment

Identifier des solutions pour réduire les externalités négatives

Redéfinir les modèles économiques

Nouvelles activités et modèle ESG qui répare, régénère les conditions du vivant

Enjeux

Capacité de diagnostic, data, rapport intégré, méthodologie, ressources, compétences, gouvernance, agilité, culture et représentations

Vision sociétale à long terme, stratégie et investissements, leadership (sectoriel), collaboration et transformation des écosystèmes, R&D et innovation

Mission, nouveau paradigme, « alliance » avec le vivant / nature positive, biens communs, vision écosystémique

  • L’entreprise durable s’enracine dans les trois piliers que sont l’inclusion sociale (l’aspect sociétal), la protection de l’environnement (l’aspect écologique) et la croissance économique (l’aspect économique) (Elkington, 1997) qui sont généralement représentés par le diagramme de Venn. Une entreprise devient durable lorsqu’elle se situe à l’intersection de ces trois cercles et serait ainsi définie comme équitable, vivable et viable.
  • L’entreprise contributive vise à transformer les modèles économiques et à s’émanciper des pratiques d’une économie dite linéaire. Elle peut s’appuyer sur les principes de l’économie circulaire pour impulser une approche industrielle plus systémique. La transformation vers un modèle économique circulaire fait naître des opportunités pour « faire autrement » et implique pour les parties prenantes que sont les entreprises et les citoyens une évolution dans leur relation au monde pour faire face aux défis sociétaux.
  • L’entreprise régénératrice prend acte de notre responsabilité dans l’ère de l’anthropocène. C’est une rupture paradigmatique remettant en question la vision du monde véhiculée par le champ politique, institutionnel et éducatif. Le concept de régénération promeut un modèle qui se veut gagnant pour l’individu, le collectif et la planète.

La transformation vers un modèle économique circulaire fait naître des opportunités pour faire autrement et implique pour les parties prenantes une évolution dans leur relation au monde

Fabien Seraidarian, SKEMA Business School

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