#1 - JANVIER 2024
Les entreprises face aux défis de l’anthropocène
En écho à l’urgence climatique, l’acronyme ESG bénéficie d’une aura médiatique grandissante. A l’ère de l’anthropocène, l’environnement est depuis plus de 20 ans déjà un enjeu global pour préserver la planète et pérenniser les conditions de vie de l’humanité. Mais la raison scientifique et les rapports du GIEC doivent s’accompagner d’un récit pour engager l’action. Au-delà du rôle du politique pour relayer les enjeux environnementaux et orienter les politiques publiques, c’est l’entreprise qui porte la responsabilité de « changer la donne ». Nous y sommes. Et s’ajoutent désormais à la préservation de l’environnement, les préoccupations sociales et les questions de gouvernance. Alors que la sphère économique était découplée de la société, l’ESG redonne du sens et fait émerger la figure du collaborateur-citoyen.
Les entreprises font preuve de volontarisme, même si demeure un hiatus entre la prise de conscience, l’engagement et l’efficacité des actions. Car au-delà des pratiques de bon sens, s’attaquer aux défis soulevés par la démarche ESG peut devenir rapidement complexe et implique l’écosystème. Plusieurs marqueurs ressortent des conversations menées avec les personnalités qualifiées interrogées. Les démarches ESG s’inscrivent dans le temps long, nécessitent une acculturation, des outils de formation et résultent de boucles d’apprentissage. Pour faire disparaitre les externalités négatives et viser la neutralité carbone, de nouvelles compétences, des outils, des investissements et des solutions innovantes sur le plan technique et technologiques s’imposent pour agir et faire face aux enjeux.
Au travers d’une multiplicité de pratiques, cette étude démontre la volonté de façonner des entreprises durables avec pour priorité l’atteinte de la neutralité carbone. Mais les objectifs vont bien au-delà pour faire des firmes des « entreprises contributives » démontrant leur impact positif impliquant de réviser les modèles économiques. Ainsi l’ESG devient un processus vertueux avec l’ambition de faire des organisations des entreprises régénératives en symbiose avec le vivant. C’est un cheminement long, mais un dessein collectif donnant du sens aux entreprises qui font évoluer leur raison d’être et leur mission. A l’heure où les enjeux géopolitiques pèsent sur la stabilité mondiale, réjouissons-nous de cette prise de conscience et de l’engagement des entreprises dans les démarches ESG.
Nous avons changé d’époque. Bonne lecture.

Pascale Viala
Vice-Doyenne et Directrice du Corporate Office,
SKEMA Business School

Fabien Seraidarian
Directeur de la Valorisation et du Global Executive MBA,
SKEMA Business School