L’IA, l’instrument de la faim du monde

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L’intelligence artificielle (IA) fascine tout autant qu’elle peut effrayer, en tant que citoyen ou que professionnel. Mais nous vivons peut-être une des grandes révolutions qui transforment la société. Innovation massive et globale, l’intelligence artificielle nous échappe dans son développement pouvant désormais s’affranchir de la volonté de l’homme. Ses potentialités comme son impact avec l’essor de l’IA générative s’éprouvent au quotidien dans la mise en œuvre qui gagne tous les secteurs de l’économie et les géographies avec des cadres réglementaires qui restent fragmentés selon les grandes régions du globe.

L’intelligence artificielle semble promettre le pire comme le meilleur : pour reformuler, l’IA est-elle une machine qui consacre l’avènement du tout technologique ou est-elle le prolongement de la main de l’homme pour augmenter ses potentialités ? Dans ce numéro de Glimpse, le terrain démontre que l’IA fait l’étalage de son potentiel dans l’optimisation des processus au sein des entreprises, et qu’elle vient déjà accompagner les collaborateurs dans leurs tâches quotidiennes et les décisions, donnant prise aux tenants du transhumanisme. Au-delà de la peur, c’est désormais l’âge de l’apprentissage de l’IA, avec parfois la nécessité de faire face aux inconnues inconnues : les fameux « unknown unknowns ».

Sur le plan économique, l’intelligence artificielle, en substituant toujours plus de capital au travail, bouscule les modèles d’affaires. Désormais, les études cherchent à détecter l’impact sur la productivité et la croissance des secteurs et des PIB, générant une concurrence globale accrue. Au-delà de la transformation des compétences, des métiers et des chaines de valeur, l’IA devient un additif pour doper la croissance économique : dans 16 industries majeures, l’IA pourrait stimuler les taux de croissance économique d’une moyenne pondérée de 1,7 % d’ici à 2035.

Au-delà, c’est notre rapport à la technologie et à ce que nous reconnaissons comme intelligence qui est questionné pour orienter le devenir de nos sociétés contemporaines. A ce stade faut-il conserver une posture critique, à l’instar de Lewis Mumford, ou questionner le transhumanisme, popularisé par Nick Bostrom ? Quoi qu’il en soit, l’intelligence artificielle est un « fait social total » qui ne peut s’appréhender sans un regard anthropologique interrogeant la posture et la place de celui qui s’exprime. Toutes les énergies et sensibilités sont requises pour façonner un monde meilleur, « outillé » par l’intelligence artificielle.

Pascale Viala
Vice-Doyenne et Directrice du Corporate Office
SKEMA Business School

Fabien Seraidarian
Directeur de la Valorisation et du Global Executive MBA
SKEMA Business School

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