Interview « Les femmes ne sont pas un problème »

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Elle est la VP Diversité & Inclusion (D&I) d’une des entreprises internationales les plus masculines de France. Béatrice Chavanel a fait de l’intégration des femmes l’une des priorités de Renault Group. Pour transformer le groupe, « pour le meilleur ».

Béatrice Chavanel
Directrice Transformation, Marketing, Communication, Renault Group

Féminiser une entreprise aussi masculine que Renault Group s’apparente à une petite révolution…

Cela relève d’une vraie approche de transformation. Presque 80 % des collaborateurs de Renault Group sont des hommes. Alors il est évident que passer de 80 % à 50-50 implique de revoir l’ensemble de notre approche. C’est d’ailleurs intéressant que ça intervienne à un moment où le groupe est en train de se réinventer, notamment avec la transition écologique.

Pour y parvenir, quel est le message principal que vous faites passer en interne ?

C’est de porter un message sur le long terme, la mixité de genre dans toutes les équipes, partout, qui assoit une démarche de long terme, ce n’est pas un effet de mode, cela relève de la conviction. Après, il faut être vigilants, c’est bien d’avoir des ambitions mais on parle de gens, de femmes en l’occurrence. Aussi, il faut les recruter tout en s’assurant qu’on a tout mis en œuvre pour qu’elles soient bien intégrées. Sur certaines fonctions, c’est facile de féminiser. Sur d’autres, comme à l’ingénierie, à l’industrie, à l’IT, ça peut être plus complexe. Pour assurer une bonne intégration et au-delà d’une politique de zéro tolérance envers toute forme de discrimination portée partout dans le groupe, nous avons relancé le réseau affinitaire de femmes du groupe, cela peut également passer par de l’accompagnement ou par des programmes dédiés. Par ailleurs, tous les collaborateurs du groupe ont été formés sur les biais cognitifs.

Ne rencontrez-vous pas des résistances à l’étranger ?

Ce n’est évidemment pas la même chose de discuter des KPI D&I en Inde ou en Espagne. Mais les engagements D&I sont partie intégrante de l’ADN du groupe. Je m’appuie là-dessus pour rappeler aux plus réticents que la politique de diversité et d’inclusion du groupe n’est pas une option ou à la décision de chacun. Après, bien sûr, il faut toujours prendre le temps de répondre aux questions et d’expliquer à quoi ça sert… Les objectifs étant posés, chacun peut se concentrer sur les solutions potentielles à déployer pour les atteindre plutôt que de chercher à les challenger.

Vous n’adaptez pas les objectifs en fonction du pays ?

Il y a très peu d’adaptations sur les KPI en matière de pays car les difficultés s’expriment davantage en fonctions des métiers, avec de grandes similitudes dans tous nos pays. Et bien sûr, dans la mesure où tous les KPIs, processus et projets communs sont déployés par les pays, ils ont toute latitude de mettre en œuvre des actions spécifiques liées à leur niveau de maturité sur le D&I.

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