Plus les entreprises sont féminines, plus elles sont rentables

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Le rapport 2024 de l’Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises le montre : les organisations les plus féminisées se portent mieux que les autres. Chiffres et explications à l’appui.

Posez la question à n’importe quel dirigeant d’entreprise, il vous répondra que les femmes sont une richesse. Que la mixité, et plus largement la diversité, sont à encourager. Oui, mais… bien peu sont capables de vous dire pourquoi. La question est bête : « pourquoi ? ». Mais si vous savez y répondre, elle peut être très convaincante. Au-delà de toute justice sociale, pourquoi devrait-on féminiser les entreprises ? Le professeur Michel Ferrary et l’Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises offrent une réponse aux plus cyniques : « il y a une corrélation entre la féminisation des entreprises et la rentabilité opérationnelle. »

Laissons parler le rapport de l’Observatoire 2024 : « La rentabilité opérationnelle sur l’année 2022 des 10 entreprises [du Cac 40] dont l’encadrement est le plus féminisé est 59,38 % supérieure à celle des 10 dont l’encadrement est le moins féminisé (20,56 % contre 12,90 %). » Vous en voulez encore ? « Les risques liés à la responsabilité sociétale des 10 entreprises dont l’encadrement est le plus féminisé sont 30,13 % inférieurs à ceux des 10 dont l’encadrement est le moins féminisé (15,4 contre 22,04). » Même chose pour « les risques liés à la responsabilité environnementale » : chez les 10 entreprises dont l’encadrement est le plus féminisé, ils sont « 48,97 % inférieurs à celle des 10 dont l’encadrement est le moins féminisé (1,97 contre 6) ». Plus encore, « les marchés financiers estiment que les 10 entreprises dont l’encadrement est le plus féminisé représentent un risque d’investissement plus faible » et dont « les perspectives de croissance sont plus grandes ». Ces corrélations sont toutes plus fortes encore si l’on s’attache à la féminisation « des effectifs » et, soyons justes, un peu moins si l’on s’en tient à celle du ComEx.

Dans son rapport 2024, l’Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises donne aussi des raisons de ces résultats :

  • « Recruter des femmes et des hommes permet d’élargir la taille du marché du travail et donc d’accroître la probabilité de recruter des ressources humaines de meilleure qualité et plus compétentes. »
  • « La moitié des consommateurs sont des consommatrices. Employer des femmes permet de mieux comprendre les attentes des clientes (market intelligence) et d’améliorer la relation commerciale (B to B et B to C). »
  • « La diversité des systèmes de représentation liée à la diversité des expériences et des convictions améliore les processus de décision et la créativité dans les organisations.
  • « Les femmes sont des salariées plus stables dans l’entreprise (moins de démissions que les hommes), ce qui permet de garder les compétences stratégiques dans l’organisation et de rentabiliser l’investissement en formation. »
  • « La promotion de femmes managers constitue un facteur de motivation pour l’ensemble des femmes de l’entreprise qui aspirent à une évolution professionnelle. »
  • « La diversité est une preuve d’ouverture de l’entreprise à laquelle sont sensibles les parties prenantes (clients, pouvoirs publics, actionnaires, agences de notation, médias…). »
  • Cette fois, vous pouvez le dire à plus d’un titre : les femmes sont une richesse pour l’entreprise.

Cette fois, vous pouvez le dire à plus d’un titre : les femmes sont une richesse pour l’entreprise.

Il y a une corrélation entre la féminisation des entreprises et la rentabilité opérationnelle.

Michel Ferrary, SKEMA Business School

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