Les trois vagues d’automatisation numérique

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L’IA n’est pas tombée du ciel. Depuis les années soixante, l’automatisation numérique a transformé le monde du travail en profondeur.

Par Antoine Boitez

Depuis les années soixante, la première vague d’automatisation digitale marque le début de la transformation des processus industriels. Elle voit l’essor de la robotisation de la production et de la robotique en cloud. Et permet à des robots d’assembler des pièces de manière plus rapide et plus précise que les ouvriers. Elle remplace principalement les tâches les plus routinières suivant un ensemble de règles bien définies, ainsi que des tâches manuelles moyennement qualifiées. « Cette automatisation a également conduit à une réduction des coûts de production et à une augmentation de la productivité, mais elle a aussi engendré des préoccupations quant à la sécurité de l’emploi pour les travailleurs effectuant des tâches répétitives », explique Luca Paltrinieri, chercheur en philosophie, qui étudie la question de l’automatisation dans le monde du travail.

TRANSITION NUMÉRIQUE ET INTERNET :
LE DEUXIÈME ÉTAGE DE LA FUSÉE

Les années quatre-vingt-dix voient déferler la seconde vague d’automatisation. C’est la transition numérique et le boom des services Internet. L’organisation des entreprises est profondément modifiée, donnant naissance au capitalisme de plateforme. « Des entreprises comme Uber et Deliveroo sont devenues emblématiques de cette période, gérant leurs travailleurs via des applications. Ce changement a permis une flexibilité accrue, tant pour les entreprises que pour les travailleurs, mais a également soulevé des questions cruciales sur la nature du travail et la frontière entre liberté et exploitation dans l’économie de la gig economy », éclaire Luca Paltrinieri. Ce modèle conduit à une précarisation des emplois, avec l’émergence du « travail numérique non rémunéré et des micro-tâches reposant sur des missions ».

L’AVÈNEMENT DE L’IA ET DU DEEP LEARNING :
DERNIER ÉTAGE DE LA FUSÉE

La troisième vague prend son essor dans les années 2010, c’est celle de l’intelligence artificielle, de l’apprentissage automatique et du deep learning. Cette ère d’automatisation cible désormais les tâches « supérieures » et créatives. Les algorithmes permettent d’automatiser des compétences expertes, et les chatbots commencent à remplacer les capacités linguistiques et empathiques humaines. La création de contenus, autrefois domaine exclusif de l’humain, est de plus en plus prise en charge par l’IA générative. Des outils comme GPT-3 d’OpenAI peuvent rédiger des articles, des histoires et même du code informatique. Cette vague pousse encore plus loin les frontières de l’automatisation, redéfinissant la créativité et la compétence.

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