#3 - OCTOBRE 2024
L’IA déjà à la barre
On peut la voir comme un outil d’avenir ou la prendre pour ce qu’elle est déjà : l’Intelligence artificielle se pose comme le carrefour des décisions stratégiques.
Non, l’intelligence artificielle (IA) ne décide pas (encore) à la place des humains, mais elle les aide (déjà) à prendre leurs décisions. « L’intégration de l’IA dans les décisions stratégiques a été transformationnelle, augmentant la précision et l’efficacité des processus décisionnels », commence Pierre-Louis Bescond, Head of Data & Advanced Analytics chez Roquette. Et pour cause, l’IA permet d’analyser des volumes de données massifs et complexes, améliore les prévisions et rend donc possible des décisions plus éclairées que ne le permettaient les méthodes traditionnelles. Les chercheurs Rajagopal et al. (2022) le confirment : « les cadres numériques pilotés par l’IA contribuent de manière significative à la précision des décisions, à l’innovation dans la formulation des politiques et à la rapidité d’exécution des décisions ».
Si elle le fait, c’est aussi parce qu’elle rend les rapports plus fluides entre collaborateurs. Chez Roquette, « l’IA oblige à revoir les rôles ». Chez Malakoff, elle invite carrément à revoir l’organisation : « Nous avons créé le pôle MH Tech pour harmoniser nos cultures de travail », témoigne par exemple le Data Product Manager, Jean-Baptiste Girardin.
Plus globalement, elle perturbe les modèles décisionnels traditionnels en entreprise et conduit à un changement de paradigme dans la formulation et l’exécution des stratégies. « L’IA est appliquée à la formulation de stratégies d’entreprise, mettant l’accent sur le passage des processus stratégiques centrés sur l’humain à ceux pilotés par l’IA », pointe le chercheur Sameh El-Namaki (2016). Naturellement, elle s’impose donc comme un pivot stratégique et les décisions qui la concernent sont prises au plus haut niveau. « Tous les ans, ma roadmap est validée par le ComEx, commente Florian Lagardère, directeur de la Data chez Allianz France. Et à la fin de l’année, je lui présente le ROI enregistré pour les projets réalisés. » En bonne intelligence, l’IA occupe déjà le cœur et le cerveau de l’entreprise.