#5 - NOVEMBRE 2025
Take away
L’oeil de nos diplĂŽmĂ©s
Fabienne Arata
(SKEMA 1988), country manager, Linkedin France
Pour Fabienne Arata, LinkedIn illustre la vitalitĂ© de la globalisation. La mobilitĂ© professionnelle, quâelle soit nationale ou internationale, interne ou externe aux entreprises, reste au coeur des dynamiques Ă©conomiques.
Trois familles de compĂ©tences Ă©mergent : la littĂ©ratie IA, les soft skills que lâautomatisation remet en avant, et les compĂ©tences vertes, dont la demande croĂźt deux fois plus
vite que les autres.
Dans un marchĂ© tendu, oĂč 80 % des recruteurs peinent Ă trouver des profils qualifiĂ©s malgrĂ© un afflux de candidats, la rĂ©tention et la marque employeur deviennent dĂ©cisives.
Anthony Cirot
(SKEMA 2000), Vice-President EMEA South, Google Cloud
Pour Anthony Cirot, la mondialisation numĂ©rique repose sur un Ă©quilibre entre puissance technologique et adaptation locale. Google Cloud se distingue par sa capacitĂ© Ă offrir une expĂ©rience homogĂšne Ă lâĂ©chelle mondiale, tout en respectant les contraintes de
souveraineté et les attentes des marchés.
La globalisation nâest pas un modĂšle unique mais une combinaison de proximitĂ© et dâaccessibilitĂ©. Lâinnovation doit ĂȘtre pensĂ©e Ă lâĂ©chelle planĂ©taire, mais dĂ©ployĂ©e de façon pragmatique, au plus prĂšs des besoins des entreprises et des utilisateurs.
Du point de vue des entreprises
emirates
LA CULTURE (GLOBALE) DE CHAQUE JARDIN
Oliver Grohmann : « Quand vous entrez dans un avion Emirates, vous vous sentez chez vous ; pas en France, comme chez Air France ». La situation particuliÚre de Dubaï a conduit la compagnie à développer une culture doublement globale qui comprend et célÚbre chaque
particularitĂ© ; et qui intĂšgre et prend soin de toutes les dimensions de la vie de ses employĂ©s. Une culture entretenue et mise en musique Ă travers lâinnovation et la technologie.
google cloud
innover, c’est s’adapter
Anthony Cirot : « Si demain une dĂ©cision gĂ©opolitique coupe lâaccĂšs au cloud amĂ©ricain, quâelle vienne des Ătats-Unis ou de lâEurope, nos clients opĂ©rant sur S3NS peuvent continuer Ă fonctionner normalement ». Moteur de lâĂ©conomie numĂ©rique et de la globalisation, Google Cloud intĂšgre les marchĂ©s par sa technologie mais sâadapte aux logiques territoriales pour rendre ses services moins dĂ©pendants des alĂ©as gĂ©opolitiques.
Saint-Gobain
LE choix de la raison
Javier Gimeno : « Saint-Gobain n’a pas une approche uniformisĂ©e globale, mais une stratĂ©gie multilocale. » Leader mondial de la construction durable, le groupe français marche avec son temps, celui de la slowbalisation. Une approche sereine et stratĂ©gique
de la globalisation qui se fait plus sélective et responsable. Une façon de garder le cap dans un monde gouverné par la volatilité.
lâoeil de nos professeurs
Vers la fin de la globalisation ?
Pour la premiĂšre fois depuis lâaprĂšs-guerre, fait remarquer Laurent Ferrara, lâindice dâouverture commerciale mondial connaĂźt, depuis plus de quinze ans, une pĂ©riode de stagnation. Une nouvelle Ăšre de la globalisation, appelĂ©e « slowbalisation ».
Comment comprendre Trump ?
Ce ralentissement de la globalisation coĂŻncide, explique FrĂ©dĂ©ric Munier, avec sa gĂ©opolitisation. Pourtant initiĂ©e par les pays occidentaux, elle a surtout profitĂ© aux pays Ă©mergents. Câest sous cet angle quâil faut considĂ©rer la politique de Donald Trump :
le prĂ©sident amĂ©ricain contreattaque. La globalisation nâest plus dominĂ©e par les marchĂ©s, mais par les rivalitĂ©s politiques des grandes puissances.
Peut-on rendre la globalisation moins inégale ?
Pour Ioannis Bournakis, la globalisation nâest pas seulement un dĂ©fi Ă©conomique, elle est
aussi une conquĂȘte fiscale. Elle continuera de manquer Ă sa promesse tant quâune large partie du capital continuera dâĂ©chapper Ă lâimpĂŽt tout en contribuant peu Ă la croissance. Il faut rĂ©veiller le « capital zombie » de la globalisation.