Anthony Cirot (SKEMA 2000)

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13 min

Anthony Cirot dirige la zone EMEA South chez Google Cloud, un territoire immense qui s’étend de la Belgique au Moyen-Orient. À l’heure oĂč les donnĂ©es, la souverainetĂ© et les cybermenaces se jouent Ă  l’échelle planĂ©taire, il revient sur les fondements d’une mondialisation numĂ©rique responsable, qui conjugue puissance, accessibilitĂ© et adaptation locale.

Propos recueillis
par Antoine Boitez

Anthony Cirot, comment Google Cloud s’impose-t-il aujourd’hui dans le paysage technologique mondial ?

Nous sommes devenus un acteur majeur. L’an dernier, Google Cloud a gĂ©nĂ©rĂ© 43 milliards de dollars de chiffre d’affaires, soit un peu plus de 12 % du chiffre d’affaires total d’Alphabet. C’est aujourd’hui le deuxiĂšme contributeur du groupe, derriĂšre la publicitĂ©. Ce qui nous distingue, c’est notre capacitĂ© Ă  offrir une expĂ©rience homogĂšne, partout dans le monde. Lorsqu’un collaborateur utilise une application, il ne doit pas ressentir de latence, qu’il soit Ă  Paris ou Ă  New York. Pour cela, nous avons notre propre infrastructure.

Comment vous positionnez-vous face aux autres grands acteurs du cloud ?

Si d’autres acteurs nous ont prĂ©cĂ©dĂ©s sur ce marchĂ©, notre croissance est aujourd’hui particuliĂšrement forte, avec un rythme annuel de plus de 30% depuis le dĂ©but de l’annĂ©e. Nous ne cherchons par ailleurs pas Ă  faire comme les autres. Deux de nos forces, ce sont la gestion de la donnĂ©e et l’IA. Google a une expĂ©rience unique pour traiter des volumes massifs d’informations, y appliquer des modĂšles d’intelligence artificielle, et rendre tout cela intelligible pour l’utilisateur.

ConcrĂštement, comment cela se traduit-il dans les entreprises ?

Nous avons des clients qui transforment entiĂšrement leur façon de travailler. Par exemple, certains acteurs de la distribution ont intĂ©grĂ© l’IA pour automatiser la crĂ©ation de campagnes marketing. Ils ont analysĂ© dix ans de campagnes passĂ©es pour en extraire les plus efficaces, et peuvent dĂ©sormais crĂ©er de nouveaux messages en quelques jours au lieu de plusieurs mois. On passe d’une logique artisanale Ă  une production augmentĂ©e, avec plus d’impact.

En matiĂšre de cybersĂ©curitĂ©, quelles sont vos prioritĂ©s ?

La sĂ©curitĂ© est clairement une prioritĂ©, un devoir et un engagement, pour nous bien sĂ»r mais avant tout pour nos utilisateurs et clients. Aujourd’hui, les attaques ne sont plus locales, elles sont clairement globales, avec certains pays trĂšs actifs en la matiĂšre, et elles sont de plus en plus sophistiquĂ©es. Les cyberattaquants peuvent par exemple procĂ©der par rebonds en exploitant des failles invisibles et en restant parfois cachĂ©s plusieurs semaines avant de passer Ă  l’action. Nos outils cloud et notamment ceux utilisant l’intelligence artificielle, permettent de repĂ©rer ces anomalies dans ce qu’on appelle le brouillard des logs : une masse de donnĂ©es techniques, que nos systĂšmes analysent pour identifier des comportements suspects et prĂ©venir les intrusions.

Quel est l’impact de votre prĂ©sence en rĂ©gion EMEA Sud ?

C’est une zone de croissance stratĂ©gique. Nous y avons ouvert 10 rĂ©gions cloud
 Un quart de l’infrastructure cloud de Google est dans ma rĂ©gion. C’est Ă©norme. Notre implantation au Moyen-Orient, par exemple, rĂ©pond Ă  des besoins clairs : les États de la rĂ©gion veulent se prĂ©parer Ă  l’aprĂšspĂ©trole, ce sont des Ă©tats jeunes, et ils s’engagent dans de vastes projets de numĂ©risation, avec des groupes qui avancent trĂšs rapidement sur leurs projets liĂ©s Ă  la recherche Ă©nergĂ©tique ou Ă  la logistique.

« Think global, act local.
Nous déployons une
infrastructure globale,
mais nous l’adaptons aux rĂ©alitĂ©s locales. Â»

La mondialisation est-elle une simple duplication des modĂšles ?

Non, la mondialisation n’est pas l’uniformisation. Notre philosophie est : « Think global, act local Â». Nous dĂ©ployons une infrastructure globale, mais nous l’adaptons aux rĂ©alitĂ©s locales. En France, par exemple, le moteur de recherche Google s’est parĂ© d’un habillage spĂ©cial pour le 14 juillet ; nous avons intĂ©grĂ© la traduction vocale instantanĂ©e en français dans les outils de visio pour nos abonnĂ©s Ă  Google AI Pro. Autre exemple particuliĂšrement stratĂ©gique : nous avons adaptĂ© notre offre Ă  la stratĂ©gie cloud de l’Etat, avec une rĂ©gion dĂ©diĂ©e, des solutions techniques pour des contrĂŽles de donnĂ©es renforcĂ©s et localisĂ©s, et la crĂ©ation de S3NS, issue du partenariat avec Thales sur le cloud de confiance.

Et du cĂŽtĂ© de Google Workspace ?

Beaucoup d’entreprises françaises utilisent Google Workspace depuis longtemps :
Decathlon, Carrefour, Veolia
 Si un groupe comme Airbus l’a adoptĂ©e, c’est que nos solutions trouvent leur place au local et au global, et dans les secteurs industriels trĂšs rĂ©glementĂ©s.

Comment rester fidĂšle Ă  l’ADN de Google dans un contexte d’hypercroissance ?

Notre mission n’a pas changĂ© : organiser l’information Ă  l’échelle mondiale et la rendre accessible Ă  tous. Aujourd’hui, cela veut dire proposer une « mondialisation en services Â» : fournir aux entreprises de toutes tailles, dans tous les pays, une infrastructure, des offres logicielles et d’intelligence artificielle de trĂšs haut niveau, sĂ»res, rapides, modulables, et adaptĂ©es Ă  leur rĂ©glementation locale.

Anthony Cirot

EN UN REGARD

2000

Débuts chez IBM en tant que Software Account Manager

2006 – 2009

SW Sales Manager pour l’Île-de-France (IBM)

2016 – 2018

Vice-President Cloud chez IBM France

2018 – 2021

France Country Manager & Vice-President chez VMware

2021

Nommé Managing Director France, Google Cloud

2023

Devient Vice-President EMEA South, Google Cloud, en charge de 11 pays

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