10 conseils pour rater sa transformation

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11 min

En matière de transformation, la réussite se mérite ! Une étude menée par Bain & Co. a révélé que seuls 12 % des programmes de transformation mis en place dans les grandes entreprises produisaient des résultats durables. L’échec est donc l’option la plus probable. Petit guide destiné aux PDG qui souhaitent faire de leur transformation stratégique un spectacle, aussi divertissant qu’inefficace.

Par Eric Viardot
Professeur de Stratégie d’entreprise
SKEMA Business School

1.

PRIVILÉGIEZ L’AMBIGUÏTÉ ET FAITES ABSTRACTION DES FAITS.

Fiez-vous à votre instinct et faites le choix de la confusion. Prenons l’exemple de WeWork. Ce géant du coworking s’est lancé dans une expansion effrénée, sans modèle économique durable, dilapidant ses ressources dans des espaces de travail somptueux et divers projets extravagants. Son introduction en bourse en 2019 a été un échec retentissant, avec à la clé des pertes colossales et la mise en lumière d’une gouvernance douteuse.

2.

ABORDEZ LA TRANSFORMATION COMME UN ÉVÉNEMENT PONCTUEL.

Définissez clairement une date de début et de clôture, puis passez à autre chose une fois le programme achevé.
BlackBerry a adopté cette approche lors de son passage aux écrans tactiles, réalisé en dilettante et sans jamais s’être donné les moyens de rivaliser avec Apple et Android. En abordant le changement comme une simple étape et non comme une nécessité, l’entreprise a rapidement sombré dans l’oubli.

3.

CLOISONNEZ LA RANSFORMATION ET FERMEZ À DOUBLE TOUR.

Isolez le changement des opérations quotidiennes. La division numérique de Kodak avait développé une technologie révolutionnaire, pourtant maintenue à l’écart du plus gros de son activité : la pellicule. Après avoir manqué cette occasion de s’adapter, Kodak a fini par perdre le marché au profit de ses concurrents.

4.

ÉPUISEZ VOS MEILLEURS TALENTS.

Faites pleuvoir les demandes de changement jusqu’à ce que vos équipes soient trop exténuées pour y voir clair. La crise du 737 MAX de Boeing est un exemple type de cette approche.
L’énorme pression imposée au personnel n’aura engendré rien d’autre que des négligences en matière de sécurité, une publicité catastrophique et plusieurs milliards de pertes.

5.

FIXEZ DES OBJECTIFS SI BAS QU’ILS EN DEVIENNENT EMBARRASSANTS.

Cherchez simplement à faire « aussi bien » que vos concurrents. Yahoo est un cas d’école. Se contentant du minimum en matière de publicité numérique et de recherche en ligne, sans innovation ni vision, l’entreprise illustre les dangers d’un manque d’ambition qui engendre souvent l’oubli.

6.

OPTEZ POUR UN MICROMANAGEMENT OPAQUE.

Exercez un contrôle excessif tout en cultivant le secret. Theranos est passé maître en la matière : ses employés ignoraient tout de ses processus. À la clé, un scandale monumental qui aura détruit sa réputation. Quand micromanagement et opacité se rencontrent, le désastre est inévitable.

7.

FINANCEZ LA TRANSFORMATION EN RÉDUISANT LES COÛTS.

Sears a choisi de couper dans ses dépenses plutôt que d’investir dans ses points de vente, la technologie ou l’expérience client. Sans surprise, les rayons se sont vidés, les ventes ont chuté et l’entreprise a déposé le bilan.

8.

IGNOREZ LE MONDE EXTÉRIEUR.

Oubliez les tendances du marché, les retours clients ou les analyses concurrentielles. Embourbé dans ses processus internes, Nokia n’a pas pris le virage vers les smartphones et la technologie tactile. Lorsque l’entreprise a finalement pris conscience de la menace que représentaient Apple et Android, il était déjà trop tard.

9.

FAITES PASSER LA TECHNOLOGIE AU SECOND PLAN.

Toys “R” Us a retardé ses investissements en matière d’e-commerce, pensant que son hégémonie dans le secteur traditionnel lui conférait une longueur d’avance. Mais lorsque le géant du jouet a tenté de rattraper son retard, des concurrents en ligne (comme Amazon) avaient déjà conquis le marché.

10.

RÉCOMPENSEZ LA MÉDIOCRITÉ.

Mettez en avant les profils qui jouent la carte de la sécurité et punissez l’innovation. En travaillant sur le 737 MAX, Boeing a privilégié le respect des délais de production à la qualité. Le résultat ?
Une tragédie, un scandale retentissant et une catastrophe financière.

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