L’IA, experte où on ne l’attend pas ?

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Petit à petit, l’IA fait son nid. Et développe une expertise dans des secteurs aussi variés que la justice ou le cinéma.

Antoine Boitiez

l’ia sur le tarmac

Il affiche des capacités techniques impressionnantes. Le Robot Walker S2 commercialisé par l’entreprise chinoise UBTech mesure 1,76 m et pèse 70 kg. Ce robot humanoïde, capable de porter des charges de 15kg, a été commandé par le géant européen Airbus pour réaliser des tâches dans la fabrication d’avions.

l’ia à la barre

Pilier démocratique par excellence, la Justice entame, elle aussi, sa mutation. En 2024, le Ministère français de la Justice a entamé des « travaux exploratoires » sur l’utilisation de l’IA au sein des juridictions. Pour le magistrat (et in fine pour le justiciable) un gain de temps dans le traitement des dossiers. Plus concrètement, l’IA utilisée serait issue de Mistral AI et permettrait de :

  • Retranscrire des entretiens
  • Rechercher des textes juridiques pour faciliter l’accès aux jurisprudences
  • Interpréter et traduire pour rompre la barrière linguistique
  • Résumer des dossiers

L’ia au cinéma

Dans le premier opus de Terminator, sorti dans les salles de cinéma en 1984 (une année plutôt orwellienne), James Cameron imagine Skynet. Une IA militaire dopée aux stéroïdes, devenue autonome. Cette dernière est capable d’anticiper, d’exécuter et de décider sans contrôle humain. Dans le film, le spectateur suit alors les frasques d’un robot meurtrier, chargé d’éliminer une certaine Sarah Connor..

Au-delà de la saga Terminator, Skynet cristallise une angoisse persistante : celle d’une technologie susceptible de supplanter l’expertise humaine dans les domaines stratégiques. Bien avant l’essor de l’IA générative, le philosophe Hans Jonas appelait, déjà, à une « éthique de la responsabilité » face aux puissances techniques. Dans son livre, Le Principe responsabilité (1979), le philosophe allemand formule un impératif radical : préserver les conditions de l’existence et la dignité humaine.

La fiction hollywoodienne donne corps à cette inquiétude avec une incarnation spectaculaire. Skynet n’est pas seulement une machine hostile bourrée d’électronique. Elle symbolise la crainte d’une expertise automatisée, affranchie du jugement, de la responsabilité et du doute…

L’ia à wall street

L’exemple du Flash Crash

Le 6 mai 2010, la planète boursière a été secouée par une activité sismique qu’elle n’a pas anticipée. En quelques minutes, le Dow Jones a chuté brutalement… avant de remonter presque aussitôt. La cause ? Un algorithme de trading, pris dans une chaîne de réactions automatiques programmée à l’avance, a amplifié la volatilité à une vitesse inaccessible aux opérateurs humains. Cet épisode, connu sous le nom de Flash Crash, marque un tournant : sur certains marchés, l’exécution échappe déjà à l’expertise traditionnelle. Le trader n’est plus celui qui agit, mains sur son clavier, mais celui qui surveille des systèmes capables de déclencher des mouvements avant toute interprétation possible…

AI VS EXPERTS

1961

Le robot Unimate, commercialisé par la firme américaine Unimation est utilisé pour la première fois sur les lignes d’assemblage de General Motors.

1997

Le super calculateur IBM Deep Blue prend sa revanche sur Garry Kasparov, et bat le champion du monde des échecs

2024

L’Europe encadre l’IA au chevet des malades. L’IA transforme la santé. Elle optimise les ressources hospitalières, aide les médecins à figer un diagnostic, détecte certaines pathologies, personnalise les traitements… L’expertise ne disparaît pas, elle se déplace vers la vérification et la décision clinique.

2026

Chez McKinsey, BCG ou Deloitte, l’IA n’est plus un simple outil secondaire. Elle est devenue un assistant quotidien des consultants. Chez McKinsey, un chatbot génère des synthèses à partir des archives du cabinet. L’IA produit des analyses utilisées en première intention par les équipes de consultants.

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